Entretien avec Serge Chauzy

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Aïda : Serge Chauzy, vous présentez les concerts symphoniques de l'association, c'est à ce titre que notre public vous connaît, mais vous avez aussi de nombreuses autres activités ?

Serge Chauzy : Ma profession n'a a piori rien de musical puisque je suis universitaire scientifique. Je suis professeur à l'Université Paul Sabatier et chercheur en aérologie. Mes activités de recherche au sein d'une équipe de l'Observatoire Midi-Pyrénées m'ont amené à étudier les phénomènes orageux et plus particulièrement les manifestations électriques qui leur sont liées. Il est vrai que les orages ont beaucoup inspiré les compositeurs : de Vivaldi, dans les Quatre Saisons, à Beethoven dans sa Symphonie Pastorale et bien d'autres... En outre, je participe également aux activités d'une association appelée  «Les étoiles brilles pour tous » et qui s'est donné pour tâche d'amener la science devant des citoyens peu exposés aux actions de diffusion de la culture scientifique. Nous intervenons donc prioritairement dans les hôpitaux, les maisons de retraite, les écoles en milieu rural, ainsi que dans les établissements pénitentiaires.
Mais après tout la science fait partie de la culture, comme la musique !

Aïda : Présenter un compositeur et son œuvre musicale devant un public musicalement hétérogène n'est pas simple, comment préparez-vous vos interventions ?

Serge Chauzy : Peut-être que ma carrière d'enseignant universitaire et les présentations que je suis amené à donner devant les publics les plus divers m'ont fourni quelques outils pour cela. La première des choses à faire est d'imaginer ce que le public attend. Il faut intéresser à la fois ceux qui connaissent déjà le domaine musical considéré et ceux qui le découvrent. Il est donc nécessaire d'aborder un language aussi simple que possible sans jamais sombrer dans un simplisme abusif. Et j'essaie surtout d'éviter tout pédantisme. Quant aux informations que j'apporte, elles proviennent de sources multiples : internet, livrets de disques, programmes de concerts, mais surtout de l'écoute personnelle directe des œuvres présentées. Je vais au concert depuis l'âge de douze ans et la passion que j'éprouve pour la musique est mon meilleur outil.

Aïda : Vous trouvez toujours des anecdotes ou des traits d'humour sur chaque compositeur, quelle sont vos sources, si cela n'est pas un trop grand secret ?

Serge Chauzy : Les anecdotes, voire les traits d'humour, permettent de mieux fixer les éléments d'information. Il mettent un peu de vie dans les présentations. Autant d'ailleurs que dans les cours universitaires ! Ces éléments proviennent encore une fois des sources les plus diverses. Si internet fourni évidemment un réservoir important d'anecdotes, il est nécessaire de bien vérifier leur provenance et de croiser les informations. Vous n'imaginez peut-être pas la quantité d'erreurs ou de bêtises que l'on peut trouver sur certains sites. Il faut en permanence exercer son esprit critique.

Aïda : La musque classique occupe une grande partie de votre vie, d'où vient cette passion ?

Serge Chauzy : Ma famille, bien que non musicienne, m'a très tôt familiarisé avec la musique par l'intermédiaire du disque et du spectacle vivant. Très jeune on m'a permis d'assister à des représentations d'opéra et d'opérette. Puis on m'a abonné à un club de vente de disques par correspondance. J'ai ainsi peu à peu pénétré un monde merveilleux que je n'ai jamais quitté... Et puis j'ai pu ainsi me constituer une discothèque assez fournie. Mon seul regret est de n'avoir jamais appris à jouer d'un instrument. Ce regret m'a d'ailleurs amené à suivre, à un âge avancé, des cours d'adultes de solfège et de théorie musicale au Conservatoire de Toulouse. J'y ai ainsi appris quelques rudiments indispensables à la pratique de la critique musicale qui m'occupe aussi beaucoup. Depuis quelques décénies maintenant je sévis dans les colonnes de l'hebdomadaire régional “Voix du Midi ” et avec quelques amis fidèles nous avons fondé un site internet consacré aux activités musicales classiques de Toulouse et d'ailleurs, un site qui connaît un développement croissant (www.classictoulouse.com). Enfin, l'ensemble toulousain d'instruments anciens “Les Sacqueboutiers” m'a sollicité pour la présidence de l'association qui gère ses activités. Une fonction que j'accomplis avec le plus grand plaisir. J'ai un grand respect et une immence admiration pour les musiciens qui doivent sans cesse se surpasser, se mettre en danger. Les membres de l'Orchestre du Capitole et leur chef Tugan Sokhiev, en particulier, accomplissent chaque jour des merveilles. Tout cela pour notre plaisir. Ils ont le droit à notre reconnaissance.